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Quand la mer se retire lors des grandes marées …

Pendant les périodes de vives eaux, il ne reste que quelques centimètres d’eau à marée basse dans les champs de blocs couverts d’algues. Les espèces mobiles (poissons, crustacés, mollusques) y cherchent refuge ou s’échappent vers le large. La diversité des algues qui forment ces paysages est remarquable et varie selon le site et la saison.

Cachés sous les algues

Sur le site de Porz Breign à Trégunc, bouquet et crénilabres cachés sous les algues lors de la sortie « suivi écologique des champ de blocs » par les étudiants de Master en « Expertise Faune et Flore ».

Le terrier du homard

Sur l’estran de Saint Quay-Portrieux, ce jeune homard creuse son terrier dans le sable sous un bloc. La sortie coorganisée avec Litt’Obs était la première du projet MOOREV sur la côte nord de la Bretagne.

Blennies et récifs d’hermelles

Les hermelles sont des vers marins qui construisent leur tubes en agglomérant des grains de sable. Leurs colonies peuvent couvrir la roche sur plusieurs dizaines de centimètre d’épaisseur. A Trévignon, ces bio-constructions se sont fortement développées ces dernières années. Les blennies y protègent leurs oeufs dans des galeries profondes. Trois individus de deux espèces sont visibles sur cette vidéo. Les reconnaissez-vous ?

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Bouquet dans le champ d’algues

Sur les roche du bas de l’estran à Porz Breign découvertes seulement à grande marée, les algues rouges dominent. Plus sensibles ici que les algues brunes et vertes aux fortes températures, elles offrent un refuge aux deux espèces de crevettes qui coexistent sur cet estran. On les regroupe sous l’appellation bouquet.

Migration des crevettes à marée descendante

C’est la grande marée d’équinoxe à la fin de l’été. Le champ de blocs de Porz Breign à Trégunc est largement découvert à marée basse. De nombreuses crevettes dont de nombreuses juvéniles de l’année qui ont grandi sur l’estran sont emportées par le reflux vers les zones plus profondes.

A marée haute….

A marée haute, la hauteur d’eau atteint plusieurs mètres au dessus de son niveau le plus bas. L’estran redevient accessible aux poissons de plus grande taille qui l’explorent à la recherche de nourriture. La caméra KURIOUZ déployée sur 24 heures enregistre les changements du paysage sous-marin et capture ces visiteurs de passage.

Deux « grandes vieilles » à la recherche de proies

A marée haute, sous 4 mètres d’eau, deux labres aussi appelés « grandes vieilles » explorent la bande rocheuse battue par les vagues qui relie l’île de Raguenes à côte à la recherche de crevettes, crabes, moules et bigorneaux. Pour ces habitants des mares intertidales mieux vaut attendre la prochaine marée basse à l’abri sous un bloc.

Camouflage dans les champs d’algues

Ce labre juvénile se déplace discrètement sous les laminaires pour se cacher des prédateurs. Il s’agit sans doute un juvénile de grande vieille Labrus bergylta qui adopte parfois cette couleur comme camouflage, à la différence du labre vert Labrus viridis de Méditerranée qui conserve sa teinte verte à l’âge adulte.

Visiteurs du jardin d’algues

Face au port de Trévignon, à marée haute, les Himanthales ou « haricots de mer » forment un labyrinthe au dessus des ulves ou « laitues de mer » qui tapissent la roche. Le 14 Juillet, pendant que la fête de la SNSM se prépare, plusieurs espèces de poisson ont visité le site, dont un lieu jaune, plusieurs vieilles communes et un sar à tête noire. Cette espèce plutôt connue dans les eaux plus chaudes témoigne du réchauffement des eaux marines dans la région.

Un balai de labres

Fin d’été sur le champ d’algues de Porz Breign, les algues arrachées par les vagues s’accumulent sur le fond. Un banc de mulets passe en pleine eau, tandis que les petits crénilabres se cachent sous les débris.

Marée haute dans la prairie de zostères

Sur la plage du Porzou à Concarneau, les feuilles des zostères s’agitent sous les vagues. Camouflées parmi les plans deux sabelles, des vers marins dont le tube peut atteindre 30 centimètres déploient puis rétractent leurs larges panaches. Elles capturent ainsi dans l’eau les particules dont elles se nourrissent.

A marée basse dans les mares isolées de la mer ….

Lorsque la mer se retire, l’effet des vagues et courants s’arrête et le calme revient. Les habitants des mares sont isolés pour quelques heures et les espèces mobiles sortent de leurs abris. On peut y accéder facilement pour observer les comportements et les relations entre différentes espèces. Chacune de ces mares devient une sorte d’aquarium naturel où la température de l’eau de mer change rapidement. Elle peut se réchauffer ou se refroidir de plusieurs degrés en quelques heures selon la saison, l’heure du jour ou de la nuit, le vent et l’ensoleillement. Sous les couvertures d’algues, ces variations sont moins fortes et les conditions microclimatiques sont plus favorables aux espèces les plus sensibles aux températures extrêmes.

Lièvres mangeurs d’algues

Jour de Fête de la Science avec un groupe d’amateurs curieux au pied du Quai Nul à Concarneau… Deux aplisies ou « lièvres de mer » de couleur d’algues brunes ont rendez-vous dans une mare. Ces mollusques sans coquille sont de gros consommateurs d’algues vertes abondantes dans les mares en fin d’été. Les adultes peuvent dépasser 20 cm de long et leur présence est repérable par les oeufs qu’ils accrochent comme des spaghettis orange ou roses aux rochers.

Algues encroutantes

C’est l’hiver dans les mares en bordure de la plage de Kersidan. Deux crevettes au corps presque transparent se tiennent immobiles sous un bloc à l’abri des regards. Les lithothames tapissent la roche de rose. Ces algues rouges résistent aux températures hivernales et forment des croutes calcaires sur lesquelles se déplacent « gibbules » et autres bigorneaux.

Anémones fraises

Face au Port de Trévignon, près de l’étang de Ster Loch, des anémones fraises déploient leurs tentacules sous les roches tapissées d’algues brunes et vertes en bordure de plage.

Dans les mares du haut de l’estran, que la mer n’atteint que rarement

Les habitants des mares du haut de l’estran ne sont exposés à la mer qu’à grande marée, ce qui se produit toutes les quatre semaines (un cycle lunaire) et beaucoup plus rarement encore à la limite haute de l’estran (lors des très grandes marées d’équinoxe). Les poissons de grande taille et autres prédateurs marins y sont rares mais en revanche les températures peuvent atteindre des valeurs extrêmes, chaudes en été et froides en hiver. Les espèces qu’on y trouve, blennies, gobies, anémones vertes et crevettes sont connues pour être spécialement adaptées à ces conditions extrêmes. De même, les grandes algues y sont parfois remplacées par des algues microscopiques qui tapissent la roche et servent de nourriture aux crevettes et autres gastéropodes « brouteurs ».

Cohabitation d’espèces en conditions extrêmes

Au pied de la station marine de Concarneau, différentes espèces tolérantes aux extrêmes cohabitent dans cette cuvette du haut de l’estran : crevettes, blennies, anémone verte. Les crevettes ‘broutent’ des biofilms de micro-algues sur la roche, et s’intéresse même aux tentacules l’anémone.

Gobies et blennies partagent leurs territoires

Près de la station de recherche marine de Concarneau, cette mare où la mer ne revient que quelques jours par an à très grande marée, abrite toute une communauté d’espèces. La marée montante remet en suspension beaucoup de particules, débris d’algues et mues de crevette…Elle fait sortir de leur cachette les blennies, gobies, crevettes qui partagent le même territoire.